lundi 7 mai 2012

I'm Back (je suis de retour... en bon français)


Eh oui, certains d'entre vous se sont demandés où j'étais passée...
et c'est un adorable commentaire arrivé hier qui m'a décidée à tout vous raconter...
Car la vie n'est décidément pas un fleuve tranquille, et ma dernière année a été un peu agitée, ce qui explique mon silence ces 10 derniers mois ... enfin sur internet en tout cas, car je n'ai pas arrêté de vivre entre temps, vous allez vous en rendre compte.
Je me suis installée en banlieue, comme je l'avais annoncé en aout 2011, dans un petit appartement de location. Quleques mois seulement... Le temps de découvrir les fonctionnements de certains propriétaires purement et simplement malhonnêtes et les entourloupes auxquelles s'exposent les pauvres locataires dépendant d'un marché trop tendu pour avoir le choix. J'en profiterais pour faire prochainement un post sur les quelques trucs utiles que j'ai appris au cours de cette expérience, moi qui n'avait jamais été locataire jusqu'à présent, et je me suis pas mal documentée sur le sujet : je trouverai bien un ou deux trucs à vous raconter qui vous armeront le jour ou vous aurez à signer un bail ou à quitter votre appartement de location...
J'ai commencé un job en meme temps et PAF... 8 septembre 2011, malaise dans le RER, perte de connaissance, et dans les jours qui ont suivi, blocage total de mon dos et de ma nuque... jusqu'à terminer aux urgences.
Et je suis restée couchée, croyez le ou non, plus de 3 mois suite à cet accident.
De septembre à décembre, j'ai vécu une vie de grabataire, allant du lit au lavabo et du lavabo au canapé (et encore, pouvoir m'installer dans le canapé, c"était en novembre je crois ... avant je ne supportais pas) et testant pour vous une quantité impressionnantes de spécialités médicales (ah oui je suis comme ça moi, quand je teste pour mes lecteurs je m'engage) : de l'irm à l'electromyogramme en passant par le test d'équilibre et l'électroencéphalogramme.
Bref, bilan de tout cela : je suis en vie, je suis abimée certes (et incapable encore aujourd'hui de mener une vie "normale" car une heure debout et on me ramasse, je suis normale d'apparence mais d'une fragilité terrible)
mais je suis "renée"
ben oui, comme Bush, vous savez, "reborn" après ses problèmes d'alcool ?
eh bien moi je suis "née à nouveau".
J'ai traversé des mois terribles d'angoisse à voir mon job partir en vrille, ma santé en morceaux, mes projets s'écrouler comme des châteaux de cartes.
MAIS
J'ai eu la chance, au passage, de rencontrer l'homme de ma vie.
Et vous n'allez pas le croire, parce que ça fait un peu extreme comme romantisme, mais nous nous sommes rencontrés, regardé, et plu... dans son ambulance, alors qu'il me transportait d'un hôpital à l'autre.
Si, je vous jure que c'est vrai ! Mon futur mari (car, croyez le ou non, nous nous marions en juin prochain, à New York pour commencer, question de ne rien faire comme les autres et de faire un mariage tout simplement insensé, avec une prêtresse "inter foi" qui nous mariera sous les arbres de Central Park ... et une seconde fois en France question de régulariser les papiers) je l'ai rencontré alors que je partais pour une hospitalisation de dix jours et que je croyais ma vie finie.
et c'est ça, le message de fond de ce petit billet qui vous dit que je suis de retour.
NE DESESPEREZ PAS,
NE DESESPEREZ JAMAIS
la vie est dure, la vie est imprévisible, la vie est parfois d'une profonde injustice
MAIS
la roue tourne.
et sans cette hospitalisation qui me faisait si peur, et bien, l'homme de ma vie, celui qui m'a soignée sans faiblir pendant tous les mois qui ont suivi, et qui aujourd'hui partage tous mes nouveaux projets, je ne l'aurais pas rencontré.
LA VIE EST PLEINE DE SURPRISES, DE TOURNANTS, DE MAGIE
ne la laissez pas filer...
Je vous écrirais dans les semaines à venir des posts moins personnels et plus utiles pour une vie zen... surtout qu'aujourd'hui j'ai la sensation  que cette idée de fond que je défends - que le bonheur se trouve dans plein de petites choses, dans les valeurs, dans la simplicité - eh bien c'est en train de devenir un véritable phénomène de société.
Nous avons tous (ou presque) moins d'argent, moins de confiance en un avenir triomphant , plus d'envie de trouver le bonheur ailleurs que dans le pouvoir, la victoire, la guerre, la domination.
Nous avons de plus en plus envie de respecter la planète, de voir grandir nos enfants, de rééquilibrer les jeux de consommations, de calmer les délires financiers.
Le monde occidental vit des années difficiles,
comme j'ai pu en traverser
Qui sait, le bonheur de notre monder est peut être caché lui aussi dans une ambulance ...
Alors profitez de ce printemps qui tarde à venir pour se faire simplement, vraiment, désirer
Et si la vie vous est un peu difficile,
souriez, patientez, vivez zen...
Le meilleur est peut être à venir !

dimanche 7 août 2011

Et si l'on se souvenait qu'il y a crise...et crise.


Nous nous faisons tous très peur. Des graphiques avec des courbes qui montent et descendent, des traders devants des écrans mystérieux, des économistes invités sur tout les plateaux, c'est la crise !
Et entre nous, je n'en doute pas. Nous traversons une période compliquée remise à plat d'un système : imaginez vous que les états se persuadaient qu'ils pouvaient faire ce que vous comme moi savons impossible par simple bon sens, vivre indefiniment à crédit. Salutaire découverte finalement.
Mais j'ai néanmoins comme un gout amer. Cette crise fait la une de tous les journaux, nous met en angoisse parait il... et donnes des relents de fin du monde.
Et pendant ce temps , dans la corne de l'Afrique, une crise effarante se joue. Mais comme elle n'est qu'humanitaire, et pas économique, et comme elle touche des gens lointains, et pas nous, on l'oublie, on la zappe. Même pas citée dans le journal international de la 3 ce soir, et en dernière partie de journal sur la 2 ... L'Afrique meurt de faim, ses enfants tombent en direct, et le tout assez probablement parce que nous avons déréglé le climat par notre industrialisation occidentale.
Et nous ne nous préoccupons pas de cette crise là.
Moi je me sens un peu honteuse quand même. Les courbes sur les ordinateurs, même en chute libre, je ne crois pas que ca vaille la vie d'un, de dix, de cent enfants.
Alors si vous avez 5 minutes, passez par le site d'Action contre la faim et faites un geste. Que cette crise là , au moins, vous agissiez un peu dessus. Zen...

dimanche 12 juin 2011

Objectif : légèreté printanière..


J'écris depuis plusieurs années déjà  dans ce blog sur la prolifération des objets, leur capacité fascinante à  nous ensorceler jusqu'à  l'accumulation... C'est un sujet qui me tient à  coeur depuis longtemps et voila que... je vais m'y mettre drastiquement. Mon expérience campagnarde ne s'étant pas génialement passée en un an, entre accident, grève des transports, pénurie d'essence, impossibilité de travailler et problèmes de sante (et encore, je vous en passe et des meilleures !) , je ... redéménage !
En fait le vrai déclencheur, c'est le fait que mon fils veut pouvoir alterner plus facilement entre son père et moi, ce que je n'avais pas vu venir et qui se révèle impossible d'ici.
Me voici donc destinée à un rapide retour en banlieue parisienne !
Et entre signature de vente et chance de trouver un rachat, je vais passer par la case location (vous n'auriez pas une adorable mini maison de une ou deux chambres à louer à Saint Maur des Fossés par hasard ?) et très probablement pour un bon moment la case garde meuble. Du coup, j'ai décidé de procéder à une sélection impitoyable. Ne me suivront que les objets :
Qui sont utiles
ou
Que je vois beaux et qui me mettent en joie
C'est tout. Réduire les objets au vraiment nécessaire et au vraiment fort, et laisser le reste, comme le serpent qui mue de ses anciennes écailles sur le chemin.
C'est parfois difficile.
Il y a des meubles auxquels je suis attachée mais qui ne tiendront pas dans mon futur logement de banlieue (ici j'avais mes aises !!) et que je vends sur ebay (jetez un coup d'oeil si vous aimez le différent... c'est assez asiatique tout ca. Et je vais y ajouter des choses régulièrement !) .
Il y a des objets qui m'attendrissent parce qu'ils sont liés à telle ou telle période de ma vie, et qui, ni beau ni utiles, évoquent des souvenirs, portent une charge émotionnelle.
Il y a des choses que j'ai achetées et que je ne pourrais pas revendre, et que je dois accepter de laisser partir en pertes et profits
Bref il y a tout un travail de détachement et , pourquoi pas oser le mot, de deuil d'un certain nombre d'objets. Et des images, des rêves ou des souvenirs qu'ils portent.
Mais je sens aussi qu'au bout de ce travail , il y a une nouvelle légèreté. Un chez moi qui ne souffrira pas l'inutile ou le bête. Qui ne supportera pas l'accumulation. Qui fera peu, mais bien.
Il y aura un différent " chez moi" pour cette seconde moitié de vie que j'aborde (si Dieu me prête vie, ce qui reste à prouver car son sens de l'humour parfois impénétrable peut très prochainement mettre un terme que je jugerai prématuré à l'expérience, mais pour l'instant je considère que , approchant de mes 47 ans, je suis pile dans ce milieu de vie que l'on ne traverse pas sans changement et évolution) qui sera neuf et léger, tandis que les souvenirs prendront leur véritable place...dans mes étagères mentales.
Me voici donc en plein tri et allègement, et c'est difficile et "grandissant".
Et vous, vous triez et vous vous allégez comment de tout ce que la vie nous dépose pour avancer zen ?

jeudi 14 avril 2011

J'aime Fred Vargas !


comme écrivain de polar originaux, malheureusement massacrés par la télévision, et comme vigie de notre société aussi. Je ne résiste pas à ce texte d'elle que l'on vient de m'envoyer, je vous l'offre, tel quel. Merci Fred
Nous danserons encore
Nous y voilà, nous y sommes.
Depuis cinquante ans que cette tourmente menace dans les hautsfourneaux de l'incurie de l'humanité, nous y sommes.
Dans le mur, au bord du gouffre, comme seul l'homme sait le faire avec brio, qui ne perçoit la réalité que lorsqu'elle lui fait mal...Telle notre bonne vieille cigale à qui nous prêtons nos qualités d'insouciance, nous avons chanté, dansé. Quand je dis « nous », entendons un quart de l'humanité tandis que le reste était à la peine.
Nous avons construit la vie meilleure, nous avons jeté nos pesticides à l'eau, nos fumées dans l'air, nous avons conduit trois voitures, nous avons vidé les mines, nous avons mangé des fraises du bout du monde, nous avons voyagé en tous sens, nous avons éclairé les nuits, nous avons chaussé des tennis qui clignotent quand on marche, nous avons grossi, nous avons mouillé le désert, acidifié la pluie, créé des clones, franchement on peut dire qu'on s'est bien amusés.
On a réussi des trucs carrément épatants, très difficiles, comme faire fondre la banquise, glisser des bestioles génétiquement modifiées sous la terre, déplacer le Gulf Stream, détruire un tiers des espèces vivantes, faire péter l'atome, enfoncer des déchets radioactifs dans le sol, ni vu ni connu. Franchement on a bien profité.
Et on aimerait bien continuer, tant il va de soi qu'il est plus rigolo de sauter dans un avion avec des tennis lumineuses que de biner des pommes de terre.
Certes.
Mais nous y sommes.
A la Troisième Révolution.
Qui a ceci de très différent des deux premières (la Révolution néolithique et la Révolution industrielle, pour mémoire) qu'on ne l'a pas choisie.
« On est obligés de la faire, la Troisième Révolution ? » demanderont quelques esprits réticents et chagrins.
Oui.
On n'a pas le choix, elle a déjà commencé, elle ne nous a pas demandé notre avis. C'est la mère Nature qui l'a décidé, après nous avoir aimablement laissés jouer avec elle depuis des décennies. La mère Nature, épuisée, souillée, exsangue, nous ferme les robinets. De pétrole, de gaz, d'uranium, d'air, d'eau. Son ultimatum est clair et sans pitié :
Sauvez-moi, ou crevez avec moi (à l'exception des fourmis et des araignées qui nous survivront, car très résistantes, et d'ailleurs peu portées sur la danse).
Sauvez-moi ou crevez avec moi.Évidemment, dit comme ça, on comprend qu'on n'a pas le choix, on s'exécute illico et, même, si on a le temps, on s'excuse, affolés et
honteux. D'aucuns, un brin rêveurs, tentent d'obtenir un délai, de s'amuser encore avec la croissance.
Peine perdue.
Il y a du boulot, plus que l'humanité n'en eut jamais.
Nettoyer le ciel, laver l'eau, décrasser la terre, abandonner sa voiture, figer le nucléaire, ramasser les ours blancs, éteindre en partant, veiller à la paix, contenir l'avidité, trouver des fraises à côté de chez soi, ne pas sortir la nuit pour les cueillir toutes, en laisser au voisin, relancer la marine à voile, laisser le charbon là où il est, – attention, ne nous laissons pas tenter, laissons ce charbon tranquille, récupérer le crottin, pisser dans les champs (pour le phosphore, on n'en a plus, on a tout pris dans les mines).
S'efforcer.
Réfléchir, même.
Et, sans vouloir offenser avec un terme tombé en désuétude, être solidaire.
Avec le voisin, avec l'Europe, avec le monde.
Colossal programme que celui de la Troisième Révolution.
Pas d'échappatoire, allons-y.
Encore qu'il faut noter que récupérer du crottin, et tous ceux qui l'ont fait le savent, est une activité foncièrement satisfaisante. Qui n'empêche en rien de danser le soir venu, ce n'est pas incompatible.
A condition que la paix soit là, à condition que nous contenions le retour de la barbarie – une autre des grandes spécialités de l'homme, sa plus aboutie peut-être.
A ce prix, nous réussirons la Troisième révolution.
A ce prix nous danserons, autrement sans doute, mais nous danserons encore.
Fred Vargas
Archéologue et écrivain